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DOSSIERS
:
1- La famille ici est
ailleurs change
2- le conflit familial fait partie de l'éducation
1-La
famille ici est ailleurs change
Sociologue,
anthropologue et professeur duniversité, M.NKiéré
est Congolais dorigine. Comme beaucoup dintellectuels, il
est contraint en 1988, de quitter son pays, et sinstalle au Burkina
Fasso, où il sera responsable dun programme de développement
rural intégré de lAfrique de louest. Il est
envoyé au Rwanda, après le génocide de 1994, au cours
duquel beaucoup de personnes responsables ont été impliquées.
Durant 1 an 1/2, sa mission sera dencadrer les chrétiens
responsables des églises et les populations et de montrer comment
vivre en solidarité. À la fin de son contrat, il retourne
au Burkina Fasso comme consultant au programme des Nations Unies pour
le développement. M.NKiéré vit actuellement
en France, où il est suivi médicalement. Nos reporters lont
rencontré dans les locaux de lassociation «Evreux +»
Globules : quelle importance a la famille à notre époque
?
M. NKiéré : la famille remplit différentes
fonctions : elle est obligée délever les enfants,
de les nourrir, de les habiller, les encadrer en tout et pour tout. Les
enfants nont pas demandé à venir au monde, ils sont
le résultat des sentiments damour de la femme et de lhomme.
Dans le monde moderne, lécole, les Eglises et les associations
aussi ont un rôle. Autrefois, dans les sociétés traditionnelles,
ce rôle était uniquement dévolu aux familles. Ce rôle
revenait à toute la famille : les parents, oncles grands-parents,
grands frères, tout le monde participait, cest la famille
élargie. Dans le monde moderne, quand on parle de famille, on parle
de : Papa, Maman et les enfants, cest ce quon appelle la famille
nucléaire. La famille est la structure de base de toute société.
Globules : la famille est-elle identique à
notre époque quà celle de nos aînées
?
M. NKiéré : ce nest pas identique. En Europe,
la famille est «nucléaire» alors quavant, comme
en Afrique, la famille est élargie, il y a les cousins, les oncles,
les tantes, les neveux et les grands-parents, léducation
nest pas seulement assurée par les parents, tout le monde
intervient, même le voisin. Si un jeune fait quelque chose de répréhensible,
le voisin doit le corriger et quand les parents reviennent, il se fait
punir encore une fois, cest comme ça que jai grandi.
Aujourdhui, cest différent, cest moins sévère
Globules : est-ce pour cela quil y a plus
de délinquance ?
M. NKiéré : ici, à lécole, par
exemple, il est formellement interdit de sanctionner physiquement un enfant.
Chez nous, en Afrique, vous ne verrez jamais un enfant «taper»
sur un professeur. Le professeur est maître dans sa classe et on
lui doit obéissance et respect. Et les parents informés
punissent aussi. Chez les populations matrilinéaires, par exemple,
si lenfant est mauvais, il nhonore pas le clan, loncle
maternel va réunir toute la famille et cela peut aller jusquau
bannissement. Il na plus de famille et tout le monde le sait. Et
lisolement, vous savez, ça détruit. En Europe, si
on commet un acte répréhensible, il y a les policiers et
les prisons. En Afrique, cest la famille qui remplit ce rôle.
Cela change, mais cest encore comme ça dans les villages,
il ny a ni policiers ni prisons.
Globules : comment la famille a t-elle évoluée dans la société
?
M. NKiéré : actuellement, il y a des transformations
qui sopèrent, on progresse vers la famille nucléaire
et tout se passe au niveau de cette structure de base.
La famille daujourdhui est de plus en plus monogame (il y
a une femme et un homme), cependant la polygamie existe toujours. Aujourdhui
cest le père qui est le seul responsable, et, chez nous,
cest un grand changement. Traditionnellement, la famille prend lancêtre
comme référence. Le rôle de lancêtre éponyme
(qui a le même nom que le clan) est fondamental. Personnage référent,
cest grâce à lui que le clan existe. Dans la famille
traditionnelle africaine, la solidarité est essentielle, cela signifie
que lon a des droits et des obligations : si vous avez un besoin,
vous demandez à vos parents quils vous viennent en aide,
cest normal, et vous devrez leur rendre service. Mais si vous vous
retirez de la solidarité, on doit vous punir
Globules : pourquoi les familles saiment ou ne saiment pas
?
M. NKiéré : on parle de la famille, on
parle de personnes, on parle aussi des façons de voir la vie
Si on accepte les sentiments liés à la solidarité,
cela veut dire quon accepte aussi certains sacrifices : si mon frère
refuse de maider, quand il aura besoin de mon aide, je ne pourrai
pas laider, et ce sera le début de malentendus. Il faut un
espace dentente. Pour la solidarité, chaque membre de la
famille essaye de se surpasser, sinon ça ne peut pas marcher. Je
connais beaucoup damis français qui ont des problèmes
dans leur famille et qui ne se parlent plus entre eux. En Afrique, cest
la même chose.
Globules : pourquoi la façon délever nos enfants change
t-elle selon les générations ?
M. NKiéré : lenvironnement a évolué
: lindividualisme, lindustrialisation, la libération
des murs et lurbanisation, le mode de vie dune société
moderne qui est de plus en plus exigeant. Les choses changent : autrefois
en Afrique, avoir plusieurs enfants était un signe de richesse
alors quaujourdhui, on réfléchit et il faut
avoir les moyens de les élever. Autrefois, les gens vivaient dans
des communautés avec les mêmes coutumes, la même tradition,
la même façon de voir et de faire et avec la même religion.
Ici, à Evreux, il y a des Français, des Africains, des Italiens
des Portugais, des Russes des Arabes et chaque groupe a sa culture. En
plus de ces cultures particulières, il y a la culture française
qui est un dénominateur commun pour lintégration des
immigrés.
Globules : quelle est la cause du manque de respect dans les familles?
M. NKiéré : le rôle de la famille
a diminué du fait de multiples influences. La télé,
le cinéma, les mauvaises fréquentations. Certaines lois
interdisent les parents et les professeurs de sanctionner physiquement
les enfants, et il y en a qui abusent. Chez nous, un enfant qui fait quelque
chose de répréhensible est puni et cela le fait réfléchir.
Quand jétais enfant, il suffisait que mon père me
regarde dune certaine façon et javais compris
Ici, les enfants sont trop libres, cest pourquoi ils se comportent
si mal.
Globules : combien de familles, aujourdhui, sont solidaires ?
M. NKiéré : aujourdhui, il y a encore
beaucoup de familles solidaires, même si comparativement, il y en
a moins quavant. Et cela, malgré lindividualisme, lindustrialisation
la libération des murs et lurbanisation. Quand je vois
certaines familles françaises soccuper de leurs parents très
vieux comme ils le font, cela me fait très plaisir. Parce que,
pour nous en Afrique, la vie est un don que nous ont fait nos parents
et cela implique quil faille les respecter. On trouve aussi, en
Afrique, des enfants qui ne respectent plus leurs parents.
Globules : comment faisaient les familles pour subvenir à leurs
besoins quand il ny avait pas de magasins ?
M. NKiéré : lorsquil ny avait
pas de magasins, la famille produisait ce dont elle avait besoin et faisait
son approvisionnement par la pêche, la chasse lagriculture
et lartisanat. Ensuite, il y a eu des magasins en nombre limité
et les clients étaient ceux qui avaient de largent. Aujourdhui,
il y a beaucoup de magasins, dans les milieux urbains. Dans un village,
vous pouvez rester un mois entier sans faire de courses si vous cultivez
des légumes et que vous élevez des volailles. Je suis sûr
que parmi vous il y en a qui nont jamais vu tuer un poulet
Dans les villages, on va de temps en temps au magasin juste pour aller
acheter un pagne, du sucre ou du savon.
Globules : croyez-vous que les familles recomposées, avec des pères
et des mères instables, ont une influence sur lavenir de
leurs enfants ?
M. NKiéré : les enfants ont besoin de la
présence du Papa et de la Maman. Il faut quil y ait de lentente
entre eux. Les enfants observent et gardent tout dans leur mémoire.
À Evreux, il y a beaucoup de familles socialement peu favorisées
et il y a beaucoup de divorces. Beaucoup de femmes sans mari qui élèvent
leurs enfants seules. Cela se voit, surtout chez les femmes seules avec
des garçons quand ceux-ci ont 15 ou 16 ans. Cest pareil pour
un père seul. La présence des 2 est nécessaire. Si
le père réprimande son enfant, celui-ci va voir la mère.
Si elle dit la même chose que le père, lenfant va réfléchir
et va se corriger
Globules : pensez-vous quil est utile ou bénéfique
de se mêler du mode de vie ou des histoires des autres familles
?
M. NKiéré : on est toujours en relation
avec ses voisins. Il y a ceux qui montrent lexemple dans la communauté
et qui sont pour nous une référence. Il y a aussi ceux dont
on va dire : «fais attention à celui-là, cest
un bandit»
Globules : pourquoi peut-on dire : «je me sens mieux chez les autres
que chez moi» ?
M. NKiéré : cest lié sans
doute au sentiment de liberté que lon sent chez les autres,
alors que chez ses parents, il y a les remarques qui dérangent.
Au sein dune famille, on voudrait pouvoir se sentir plus libre,
mais la liberté peut se transformer en un «couteau à
double tranchant».
Globules : est-ce normal que mon père ait peur de ses enfants ?
M. NKiéré: je ne sais pas si ton père
a peur de toi, mais je pense que pour bien sentendre il faut un
respect mutuel. Même si lon réprimande son enfant,
il faut éviter de loffusquer (le blesser), il faut le respecter.
Mais, passé un certain seuil, jassume mon rôle de père,
je te respecte et jattends que tu me respectes. Il y a beaucoup
dAfricains même sil ne faut pas généraliser,
qui frappent leur femme et leurs enfants. Je pense que cela ne va pas
dans le sens dun respect mutuel
Globules : se disputer, cela fait du bien ?
M. NKiéré : oui, je crois quil faut
savoir «vider» ce quon a à lintérieur
et éviter de garder tout en soi.
Globules : pourquoi, dans une famille reconstituée, on impose les
enfants et la belle-mère ?
M. NKiéré : sociologiquement déjà,
il y a des différences entre les enfants : vous avez un père
qui a des enfants et une mère qui a les siens. Ils sunissent,
mais ce nest pas une famille : père, mère, enfants.
Les 2 groupes mis ensemble vont vivre tant bien que mal. Les enfants issus
de la mère font preuve ensemble de solidarité et même
chose pour les enfants côté père. Quand il y a un
malentendu, chacun se défoule et va mettre en avant cette distinction.
Cest aux parents déduquer.
Globules : il y a des jalousies ?
M. NKiéré : bien sûr. Il y a des
groupes, ils sont tous frères mais
il y a des 1/2 frères
ou surs et la tendance est de sidentifier à ceux qui
sont du même père et de la même mère, et même
à ce niveau, il existe aussi des jalousies. Cest normal.
Mon père nous a toujours dit : «il faut que vous fassiez
preuve de solidarité «, il nous a appris à ne pas
faire de différence. En mourrant, il ma demandé dêtre
responsable de tous mes frères et surs, ce que je fais.
Globules : existe-t-il une famille idéale ?
M. NKiéré : je ne pense pas quil
y ait une famille idéale. Cest une aspiration, un souhait
que chacun essaye de réaliser, mais personne nest idéal
Il y a toujours un problème, un conflit. Et les conflits sont nécessaires,
cela aide à se maintenir ensemble.
-
Propos recueillis par Grégory Mazzarese, Hélène
Dupont, Julie Saha, Delphine Marchand, Stéphane, Priscilla, Charline
Joffroy, Julien Cabrillac, Méderic Bruneau et Mehdi Durand.
stagiaires, Education et formation, Evreux -
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2-
Le conflit familial fait partie de l'éducation
La
famille,
source damour est aussi le lieu de conflits : sont-ils destructeurs
ou utiles et nécessaires ? doit-on les éviter ? Il nous
semble quils existeront toujours
Pour y voir plus clair, Globules a choisi de poser ses questions à
une éducatrice. Chantal Sardin-Vigreux nous parle de son expérience
auprès des familles et de ce quelle pense.
Globules : en quoi consiste votre métier
? quels rapports avez-vous avec les parents et les enfants ?
Chantal Sardin-Vigreux : les jeunes que je rencontre sont connus du juge,
soit au titre de la protection de lenfance, soit parce quils
sont poursuivis pour des délits ou des crimes quils ont commis
(un crime au sens judiciaire). Quand on est éducateur, on intervient
pour la protection de lenfant, en action éducative en milieu
ouvert (le jeune reste dans son milieu familial), ou encore sil
y a un signalement dune Assistante Sociale et que lenfant
est en danger. Les jeunes et les familles rencontrent le Juge des enfants
ou le Juge dInstruction. Cest lui qui décide sil
doit y avoir une mesure éducative ou pénale confiée
à un service.
Globules : prenez-vous un enfant en charge après un procès
?
Chantal Sardin-Vigreux : non, cela peut aussi être avant. Sil
y a délit, et selon la gravité de celui-ci, le jeune est
entendu par la police qui en informe le «parquet» qui va décider
sil y a poursuite ou non. Si oui, il y aura un suivi par le Juge
des Enfants. Le Juge peut prendre une décision avant le jugement
et nous, les éducateurs, intervenons sur lordonnance de 1945
- qui fait priorité aux mesures éducatives sur la sanction,
même si elle la prévoit -. Il peut prendre des mesures de
liberté surveillée ou des mesures de «réparation»,
ou encore de contrôle judiciaire.
Globules : quand un enfant est en danger, est-ce dû à un
problème familial ?
Chantal Sardin-Vigreux : oui, au sens large, surtout lorsquil
sagit de jeunes enfants. Il nous arrive dintervenir très
tôt, la Protection de la Jeunesse concerne les personnes de 0 jusquà
21 ans. Lorsquil sagit de jeunes de 18 à 21 ans ayant
des problèmes familiaux, il faut quils fassent la demande
daide eux-mêmes auprès du Juge des Enfants.
Globules : les enfants maltraités reproduisent-ils les problèmes
quils ont eus avec leurs parents ?
Chantal Sardin-Vigreux : bien sûr. Cela arrive davoir affaire
à des parents maltraitants qui ont été maltraités
eux-mêmes. Mais ce nest pas systématique et il y a
des gens qui prennent lattitude opposée. Des parents qui,
parfois, peuvent avoir tendance à trop «couver» leur
enfant et à être trop laxiste, à ne pas oser leur
interdire quoi que ce soit. Je pense quil est dangereux de tout
laisser faire aux enfants, de les laisser sans surveillance dans la rue,
sans règles. Les règles, cest essentiel.
Globules : la jalousie est-elle un phénomène
normal ou destructeur ?
Chantal Sardin-Vigreux : pour une certaine dose, la jalousie est normale.
Des histoires entre frères et surs, on en connaît tous.
Ce sont des choses que lon aborde souvent dans notre travail avec
les familles, parce que beaucoup de parents se sentent en difficulté
et se demandent quelle attitude avoir quand ils ont plusieurs enfants.
Jai le souvenir dune situation où les parents voulaient
tellement faire de façon identique avec leurs filles quelles
ne se différenciaient pas : elles shabillaient pareil, elles
faisaient tout pareil. Mon travail a été de dire : «elles
nont pas le même âge, ce ne sont pas les mêmes,
lune peut faire de la danse et lautre peut peut-être
faire de la gymnastique
» De toute façon, les rivalités
existent
Globules : le complexe ddipe peut-il durer un certain temps
chez lenfant au point de représenter un danger pour lui-même
et sa famille ?
Chantal Sardin-Vigreux : cela dépend. Cest vrai que la relation
triangulaire : mère, père et enfant existe. En psychologie,
on dit quune faille qui se forme à lâge dipien
- vers 3 ans - peut réapparaître à ladolescence.
On intervient souvent dans des familles monoparentales. Et on remarque
que beaucoup dadolescents ont des problèmes, surtout lorsquil
sagit dune mère seule avec un garçon et quil
ny a pas de personne masculine pour «trianguler». Il
y a aussi des familles avec des hommes qui sont là, mais qui nont
pas leur place. Ce nest pas forcément la présence
physique qui compte. Sur les dossiers que je suis, il y a une majorité
de mères seules ou qui nautorisent pas leur compagnon à
exister face aux enfants. Et il y a des femmes seules qui se débrouillent
très bien avec des compagnons - ou un grand-père - qui représentent
cette présence masculine.
Globules : vous arrive-t-il de prendre en charge les bébés
et comment ?
Chantal Sardin-Vigreux : dans ces cas-là, lessentiel se passe
avec les parents et avec des partenaires comme la Protection Maternelle
et Infantile ou les travailleurs sociaux. On peut être amené
à faire appel à une famille daccueil ou placer lenfant
dans un établissement spécialisé comme une pouponnière.
Mais avant den arriver là, on travaille avec les crèches
et des assistantes maternelles pour aider la maman à se séparer
un peu de son enfant, à dépasser ce qui est difficile pour
elle. On sait que ce nest pas facile les nuits sans sommeil qui
saccumulent ou dêtre face à un enfant qui ne
mange pas mais notre travail consiste à dire «votre enfant
pleure cela vous ennuie mais de là à le laisser pleurer
sans rien faire, non».
Globules : y a-t-il des parents modèles
?
Chantal Sardin-Vigreux : je suis catégorique : non Heureusement
! Quand on est parent, on recherche tous cela
Je pense que cest
bien que les enfants soient en désaccord avec leurs parents et
quils puissent sopposer. Je ne suis pas parfaite en tant que
mère parce que je ne le peux pas, mais jessaye de bien faire.
Pour la plupart des familles auprès desquelles jinterviens,
cest la même chose. Les parents pensent bien faire. Après,
il y a un problème de moyens et un problème de contraintes
Je trouve que le conflit, comme la sanction, font partie de léducation.
En parlant de cela avec la psychologue de mon service, elle dit que «lorsquil
y a conflit, il y a communication». Et aujourdhui, cest
cela qui manque le plus, beaucoup de familles ne prennent même pas
leur repas en commun. Or, le repas est un moment déchanges
et daffrontements. À la place de quoi cest le frigo
«self-service», et il ny a plus de temps pour partager
et plus de place pour les explications du soir sur le linge sale ou les
affaires qui traînent
Globules : est-ce que les conflits intergénérationnels sont
identiques de génération en génération ?
Chantal Sardin-Vigreux : je ne pense pas. La génération
de mes enfants a accès à des choses auxquelles je navais
pas accès, comme la télé et lordinateur par
exemple. Mais il y a toujours des choses identiques qui sont source de
conflits entre générations, comme le respect de soi et de
lautre, la question de leffort, du travail et de la curiosité.
Mais cela se traite différemment selon les générations.
Je maccroche avec mes enfants à propos du temps passé
devant lécran et mes parents ne géraient pas cela.
Il sagit dêtre dans son temps, cest ce que mes
enfants demandent, daccord, mais je pense quil faut laisser
une place importante pour limaginaire et le jeu
Globules : est-ce que les conflits intergénérationnels se
répercutent sur la société ?
Chantal Sardin-Vigreux : certainement, mais comment ? répondre
à cela est compliqué. Je ne vois pas le conflit comme négatif.
Il est nécessaire, même si sur le moment cest difficile
parce quil peut être douloureux et quil entraîne
de la souffrance. Dépasser un conflit permet souvent de «réajuster»
une position. Il y a donc un côté positif au conflit. Souvent,
on retrouve un nouvel équilibre après le conflit. Sil
y a conflit, cest quil y a désaccord. Si chacun met
ce qui ne va pas en avant, on va chercher, pour régler le conflit,
un terrain dentente. Dans notre travail, on intervient beaucoup
pour gérer cela. Parfois, on voit des histoires dadultes
se régler sur le dos des enfants
Cest, par exemple,
les grands-parents qui veulent la garde de leur petit enfant, mais en
fait, il y a des problèmes entre la grand-mère et la mère.
Mon souci est de trouver un terrain dentente, je dis «daccord,
vous êtes en colère, mais comment faire pour trouver une
solution ?» Ensuite, chacun fait un peu de chemin et on pourra se
disputer pour la même chose plus tard
Globules : un mot pour conclure ?
Chantal Sardin-Vigreux : on paye aujourdhui le «cest
interdit dinterdire» des années 70. Il y a une sorte
déconomie, on laisse aller. Quand les enfants sont petits,
on entend : «il est petit, il est si mignon», alors on se
dit que ce nest pas grave. Nous sommes dans un monde où le
petit enfant est roi pour beaucoup de choses. Et après, il y a
comme un mouvement de balancier, le conflit revient. Aujourdhui,
je trouve quil y a souvent une économie du conflit
Propos recueillis par Mathilde Van de Moortel, étudiante
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ECRITS
:
>Violences
conjuguales
Tu as peur
Tes frères, ta sur, ont peur,
de ce milieu familial plein de heurts,
la nuit, le silence te fait peur,
les cris de ta maman te font peur,
que faire de ces moments si douloureux,
juste essayer de sendormir avec un gros cur
Sandrine
Armengaud, Ifsi, Croix Rouge, Bois Guillaume
>Elle me manque
Comme tout le monde (évidemment), jai une famille mais heureusement,
jai de la chance car jai une magnifique famille qui me manque
énormément. Dans ma famille, nous sommes tous très
proches.
Je ne sais pas comment,
jarrive à rester un an loin de tous mes cousins, cousines,
tantes, oncles, grand-mères, grand-pères et surtout, mon
père !
Je narrive même pas à penser que plus tard, je vais
avoir des enfants et comme ça faire une autre famille.
même si ça arrive, mes parents vont toujours avoir une place
dans mon cur.
Celina, Education et Formation
>A
ma mère
Maman tu es toujours là quand il faut, malgré mes 32 ans,
tu es indispensable à ma vie.
Je ne peux pas vivre sans toi.
Tu nous a élevé tous les quatre dans lamour,
dans la joie, malgré le manque dargent dans le foyer.
Jaurai toujours besoin de toi,
de ton soutien, de ta tendresse.
Tout le monde na pas la chance davoir une mère modèle
comme tu les. Je suis fière de toi .
Dautres, ont le deuil de leur mère.
Je les plains énormément.
Reste comme tu es maintenant et demain.
Je taime maman.
Ifsi, Croix Rouge Bois guillaume
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ASSOCIATIONS
:
LEcole
des Grands-Parents
de Seine-Maritime (EGP 76) est une association loi 1901 créée
il y a 3 ans à Rouen. Elle regroupe des personnes âgées
de 55/75 ans et +, qui se questionnent sur le monde dans lequel ils vivent
et sur les moyens de maintenir les liens avec les autres générations.
Les membres dEGP 76 se retrouvent pour échanger avec les
petits-enfants, pour réfléchir sur leur place et leur rôle
dans la famille actuelle...
Avec lallongement de la durée de la vie, les personnes âgées
forment peu à peu une quatrième génération.
Mais il nest pas toujours facile de trouver une place reconnue par
les uns et les autres sans prendre celle de qui que ce soit. «Ce
qui est important pour communiquer avec les petits-enfants, cest
de ne pas court-circuiter les enfants ». Définir le rôle
des grands-parents auprès des jeunes enfants nest pas réellement
problématique, par contre il est plus difficile de savoir ce que
les adolescents attendent des grands-parents.
EGP 76 développe des activités en milieu scolaire :
- dune part tournées vers des jeunes enfants pour leur montrer
combien on peut découvrir de plaisirs par la lecture. « Quand
on maîtrise la lecture on nest plus jamais tout seul ».
- dautre part orientées vers eux avec laide spontanée
des jeunes de 18 à 25 ans pour sinitier à linformatique
et pouvoir ainsi rester connectés au monde daujourdhui
.
Les Ecoles des Grands-Parents existent dans 15 villes françaises
et sont en cours de création dans 12 autres. Elles adhèrent
toutes à la charte de lUnion des Ecoles de Grands-Parents
Européens (concerne Belgique, Luxembourg, Suisse et un peu lAngleterre).
Actuellement, EGP 76 recherche des retraités qui aimeraient
aller dans les écoles pour développer ce regard sur la lecture.
Contact : Etienne de Saint Victor, EGP 76, 8 rue Lagouy, 76000 Rouen
Tel/fax : 02 35 70 56 14 E-mail : egp76@wanadoo.fr
Lassociation
SOS Papa Normandie
(Haute et Basse Normandie), a pour objectif premier de protéger
lenfant et de défendre son épanouissement avec son
père et sa mère. Chaque enfant a le droit dêtre
aimé et éduqué par ses deux parents, même séparés
.
Dans les situations de divorce ou de séparation, notre société
privilégie souvent les mères dans léducation
et la garde des jeunes enfants. Cest pourquoi lassociation,
ses membres bénévoles, et ses avocats, sefforcent
de faire appliquer la loi de 1993 qui établit légalité
des droits et devoirs du père et de la mère. Elle ne cherche
aucunement à favoriser le père par rapport à la mère
mais elle défend le principe de la résidence alternée
(quand les distances géographiques le permettent) pour le bien
être de lenfant (et de ses parents) et dans le respect des
liens familiaux et affectifs. SOS Papa considère que les droits
et devoirs du père et de la mère sont indissolublement liés
car même séparé du conjoint, on reste parent pour
la vie. Très récemment, le 4 mars 2002, la loi sur lautorité
parentale et la résidence alternée a été
adoptée et va permettre ainsi à de nombreux pères
de participer à léducation de leurs enfants de façon
quotidienne et non plus comme précédemment un week-end sur
deux et la moitié des vacances scolaires, ce qui représentait
au mieux, moins de 90 jours par an !
Lassociation ouvre une permanence chaque jeudi à partir de
19h et reçoit les parents qui ont besoin dune aide ou de
renseignements sur les démarches à suivre pour voir leurs
enfants. Ils peuvent se faire entendre et échanger avec des personnes
dont la situation est proche de la leur. Des mères ont également
recours aux services de lassociation. Ces permanences ont lieu à
la Villa castelli, 12 rue Saint Lazare à Vernon.
Lassociation a également des correspondants au HAVRE, à
ROUEN et EVREUX.
SOS Papa Normandie, Yasser Abouzeid, délégué régional,
11, rue du Moussel, 27200 Vernon Tel /Fax : 02 32 54 85 22
Site web : www.sospapa-normandie.asso.fr
Luvre
Normande des Mères
« accueille des adolescentes ou femmes enceintes et des mères
en situation de conflit, de rupture ou de structuration difficile, dans
la perspective quelles trouvent un équilibre familial et
une insertion sociale et professionnelle. Elle sefforce de favoriser
, par tous les moyens, le développement harmonieux des la famille
en tenant compte des besoins de lenfant ». Lassociation
met à disposition plusieurs services pour répondre aux divers
besoins et difficultés rencontrées par les femmes et enfants
:
- « SOS crise » est un lieu daccueil, découte,
dinformation et dorientation vers les structures daccueil
durgence. Ce lieu permet de parler de la « crise conjugale
» et la « crise familiale » et de prévenir ainsi
la violence familiale
- un centre daccueil durgence courte durée (30 jours
maximum) pour des femmes enceintes, des mères avec leurs enfants,
des femmes seules (uniquement pour 24h)
- un centre dhébergement et de réinsertion sociale
pour des familles en situation de rupture sociale
- un service daide à lautonomie sociale (SAAS) accueille
femmes et couples avec enfants pour un accès à lautonomie
visant à linsertion de la famille dans un logement de lagglomération
rouennaise.
- un centre maternel destiné à favoriser léveil
et le développement de la relation mère-enfant
- un espace petite enfance (une crèche, un centre de loisir, un
relais assistante maternelle, un lieu daccueil parent enfants de
- de 4 ans) où les parents peuvent se rencontrer, échanger,
sinformer et les enfants samuser.
Contact : uvre Normande des Mères (siège soocial),
Président : M. Cammas, Directeur Général : M . Leduc,
1 avenue de Buchholz, 76380 Canteleu Tel : 02 35 36 20 11
Fax : 02 35 36 52 55
Rectificatif
: Dans notre dernier numero, nous vous avons indiqué AIDS au 32,
rue de Crosne. Sa veritable adresse est le 32, rue aux Ours.
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ACTUAS :
Cirque
- les 8 et 9 novembre à 20h30, « Pacte 2666 », conte
fantastique, acrobatique dansé daprès le mythe de
Faust par la compagnie Du 13ème Quai au Cirque Théâtre
dElbeuf.
Renseignements au 02 32 13 10 50.
Musique
- le 18 octobre à 21h, « Le peuple de lherbe »
+ « Bumcello » à lAbordage dEvreux.
Renseignements au 02 32 31 86 80 ou sur www.abordage.net
- le 23 octobre à 20h30, Maceo Parker au Théâtre Philippe
Auguste de Vernon.
Renseignements à LAbordage s au 02 32 31 86 80 ou sur
www.abordage.net
- le 26 octobre à 21h, Orquesta Aragon, à lAbordage
dEvreux.
Renseignements au 02 32 31 86 80 ou sur www.abordage.net
Festival
- Durant tout le mois doctobre, Festival « Octobre en Normandie
» dans plusieurs villes de Haute-Normandie.
Renseignements au 02 32 10 87 00.
Expositions
- du 31 octobre au 6 novembre, au « Lieu Dit » rue Beauvoisine
à Rouen, 3 artistes sunissent pour une exposition : Martine
Piquel (collages), Anne Claire Schmit (huiles et sculptures sur bois)
et Sandrine Gadebois (acrylique et pastels)
Solidarité
- 18 au 22 novembre, « Une flamme un espoir » opération
de soutien pour lassociation Vie et Espoir (voir p.14)
Théâtre
- 8 novembre, « Un air de famille» pièce de théatre
dAgnés Jaoui et Jean-Pierre Bacri à la salle des fêtes
de St Nicolas dAliermont.
Tél : 02 35 83 27 43
Et aussi
- du 14 au 20 octobre,
Semaine du Goût
- les 18 et 19 octobre,
« Lire en fête » : des conférences, expositions
et lectures
A noter comme idée originale, une lecture ininterrompue
de 10h à 18h des contes des « Milles et une nuits »
en gare de Rouen par des élèves de lycées, des groupes
de lecteurs et des comédiens de la compagnies Catherine Delattres.
Plus dinfo sur www.Lire-en-fete.culture.fr et auprès de
Comellia au 02 32 10 04 90
- le 26 octobre de 10h à 19h, «Fête du Ventre »
à Rouen (quartier de la Place de la Pucelle, rue Rollon et rue
Ecuyère). Loccasion de mieux connaître les produits
du terroir normand
- 31 octobre, Journée Nationale de la Courtoisie au Volant de son
Véhicule. Surtout, nhésitez pas à sourire derrière
votre pare-brise !!
- du 6 au 13 novembre, Semaine Nationale de la Sécurité
Routière : de nombreuses actions de sensibilisation aux dangers
de la route et pour améliorer son comportement de conducteur auront
lieu dans toute la région.
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