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Edito
Le
sida
masculin/féminin...
Globules aborde le sida du côté de la différence masculin/féminin
et de la discrimination.
Différences
Cette différence mattire, me stimule
et parfois mexaspère, métonne et memmène.
Jaime que tu ne sois pas moi.
Ier décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida.
Homme, femme, homosexuel, français ou immigré, sexualité
tranquille ou prostituée :
comment vit-on le sida en 2002 ? Vivre, se faire soigner, oser en parler
et prévenir. La mise à lécart des personnes,
la honte de la maladie contribuent au manque de débat. Les tabous
collent à une maladie liée à la sexualité.
Mauvais regards, discrimination, est-ce la peur dêtre contaminé,
comme le dit Manu ? Le sentiment de culpabilité et de honte pour
les personnes infectées, le silence et le recul de la prévention.
Toute personne humaine a droit au respect et à la dignité,
quel que soit son état de santé. Droits de lhomme,
des enfants et des femmes. Comprendre
la maladie, les attitudes
(les nôtres), les mythes, les préjugés et parler de
prévention pour tous, cest ce que nous avons tenté
de faire. Prévenir encore, informer toujours et être là.
Sinterroger, donner la parole aux inquiétudes et aux peurs.
Réfléchir. Mettre en lumière des initiatives qui
existent et sadresser à tous et aux plus jeunes, filles et
garçons. Ne pas arrêter linformation pour ne pas avoir
à tout recommencer. Linformation et une bonne compréhension
de la maladie sont les moyens nécessaires contre la mise à
lécart et pour le soin des malades.
Pour ce numéro 48 de Globules : ce sont des textes - poèmes
et colères mêlés - de lhumour, des illustrations
et des rencontres. Nos reporters de Fécamp, (ils ont 14 et 15 ans)
font le constat suivant : ils nont pas eu dinformation sur
le sida. Dommage ! Ce sont eux qui demain seront exposés. Nous
sommes passés du «trop dinfo» à une «info
zéro», comme si on ne savait pas faire selon les besoins.
Ils interrogent Corinne Nivez, infirmière à Fécamp
sur le souhait dune prévention séparée filles/garçons
Nous avons retrouvé, huit ans après, le Dr Françoise
Borsa, médecin au CHU de Rouen qui, avec Laurence Duclos, fait
le point sur la maladie. Manu, séropositif, témoigne sur
ce qui fait sa vie aujourdhui. Comprendre lautre qui est à
côté de nous quel que soit son sexe, son identité
sexuelle ou son origine, quel que soit son métier ou son activité,
tout bonnement parce quil pourrait être un ami. Avoir des
comportements humains. Et par ces temps dhiver, ceci est à
répéter sans se lasser : restez couverts. Sans crainte,
pensons préservatifs (masculin et féminin), on na
encore rien trouvé de mieux contre le sida !
Toute léquipe du journal se joint à moi pour vous
souhaiter de douces fêtes et une bonne et heureuse année
2003 !
Christine Ternat
DOSSIERS :
1- CONTAMINATION,
TRAITEMENTS, DÉPISTAGE...OÙ EN EST-ON ?
2- «ON RESSENT LA PEUR QUILS ONT POUR EUX-MEMES
»
1-CONTAMINATION,
TRAITEMENTS, DÉPISTAGE...OÙ EN EST-ON ?
Même si les traitements ont
transformé la vie des malades, le sida est encore là
Aujourdhui, nos reporters sont des élèves aide-soignants
de lIFSI de Rouen. Mme Laurence Duclos, cadre en santé accueille
nos reporters à lhôpital de jour et au CDAG, Françoise
Borsa, médecin responsable du service, nous rejoint, entre 2 consultations.
Nous lavions rencontré, il y a 8 ans, pour le premier numéro
de «Globules». Il y a chez ces femmes-là un concentré
dhumanité
Globules : on ne parle plus beaucoup du sida,
pourquoi ?
Mme Duclos : le sida nest plus une priorité nationale. Cest
une question dargent. Il y a dautres priorités. Ce
sont des choix politiques. Le plan national de lutte contre le sida oriente
la prévention et le dépistage vers les populations à
risque : les homosexuels, les toxicomanes, les prostitués ainsi
que les populations migrantes et non plus vers la population générale.
On revient en arrière, La recrudescence de la syphilis chez les
homosexuels signifie quil y a un abandon du préservatif chez
cette population.
Globules : mais le sida est un risque pour les
jeunes qui découvrent les relations sexuelles
Mme Duclos : le problème, ce sont les jeunes qui ont 14 ou 15 ans
maintenant et qui nont pas eu dinformation. Cest préoccupant.
Nous, dans le service, on voit le problème autrement. La question
du sida nest pas réglée. La diminution du nombre de
nouveaux cas à la fin des années 90 était leffet
de la prévention quon a fait hier. Actuellement lépidémie
semble de nouveau importante. Nous pensons quune prévention
dans la population générale est indispensable.
Globules : limage de la personne atteinte
du sida est souvent celle dune personne maigre au teint terreux
avec des tâches noires sur le corps, est-ce la réalité
aujourdhui ?
Mme Duclos : les tâches noires dont vous parlez correspondent probablement
à ce que nous appelons le sarcome de Kaposi. Cela fait partie des
infections opportunistes. À un stade avancé de la maladie
sida, nous soignons parfois des patients en grande dénutrition.
Globules : les liquides séminal et vaginal,
les urines et la salive sont-ils porteurs du virus du sida ?
Dr Françoise Borsa : le liquide séminal est plein de virus
parce quil contient de nombreux lymphocytes infectés, comme
le liquide vaginal.
Mme Duclos : mais la salive et lurine ne sont pas contaminants à
condition de ne pas être souillées de sang.
Globules : les femmes sont-elles plus fragiles
face à linfection VIH ?
Dr Françoise Borsa : oui, tout à fait. Les femmes sont plus
fragiles pour 2 raisons : dabord, la contamination de lhomme
vers la femme par voie sexuelle est plus fréquente que la contamination
de la femme vers lhomme parce que la quantité de virus est
beaucoup plus importante dans le sperme que dans le liquide vaginal. La
période des règles est à haut risque pour les deux
partenaires. Ensuite, les femmes sont moins protégées, elles
sont moins destinataires des politiques de prévention et elles
ont moins de droits dans de nombreux pays que les hommes. Le thème
de la journée mondiale est, cette année, «stigmatisation
et discrimination»
Les femmes en sont les premières
victimes.
Globules : la maladie se développe-t-elle
de la même manière selon que la personne soit un homme ou
une femme ?
Dr Françoise Borsa : si la prise en charge a lieu à des
moments identiques par rapport à la contamination, lévolution
est la même chez lhomme et chez la femme. En revanche dans
de nombreux pays, le dépistage est plus tardif chez les femmes.
Globules : le VIH est-il plus honteux pour une
femme que pour un homme ?
Dr Françoise Borsa : il ny a pas de distinction. La «honte»
engendrée par la séropositivité est provoquée
par le regard des autres, par les préjugés et par les effets
encore trop nombreux de la discrimination. Avec les progrès thérapeutiques,
les séropositifs aspirent tous à une vie normale y compris
dans leurs relations sociales.
Globules : lorsquon a un doute de contamination
que doit-on faire dans lurgence ?
Mme Duclos : si vous pensez avoir pris un risque réel, la prise
en charge doit être réalisée le plus tôt possible
par un traitement préventif de linfection. Au-delà
dun certain délai, un dépistage est proposé.
Il saccompagne toujours dune consultation avec un médecin.
Globules : le dépistage du VIH se fait-il toujours sur un temps
aussi long, avec 2 prises de sang effectuées à 3 mois dintervalle
?
Dr Françoise Borsa : on se mobilise sans cesse pour combattre lidée
quil faut attendre 3 mois pour se faire dépister. Aujourdhui,
on fait un dépistage précoce sur lantigène
P24 dès le 12e jour et la sérologie de dépistage
dès le 20e jour. On peut débuter un traitement de la primo-infection,
cest à dire dès que le test commence à se «positiver».
Cest très important, car cest durant la période
suivant immédiatement la contamination que la multiplication virale
est la plus importante. En traitant précocement, on maîtrise
très tôt la situation et on change lavenir.
Globules : le sida veut-il obligatoirement dire mort ?
Mme Duclos : non, plus maintenant. Les trithérapies ont montré
leur efficacité. Il y a des personnes classées Sida qui
vont très bien et il y a des séropositifs qui ne vont pas
bien du fait des effets secondaires dus aux médicaments. Sil
y a encore des décès, la situation est différente
de celle quon vivait en 1995. Le sida est devenu une maladie chronique.
Globules : combien de temps peut-on vivre avec
le sida ?
Mme Duclos : on ne le sait pas. Il y a des personnes qui sont suivies
ici depuis 1982 et qui vont bien. Certaines personnes semblent avoir épuisé
toutes les gammes de trithérapies. On dit quelles sont en
échec thérapeutique. Quand une personne devient résistante
à tout, la prise en charge devient plus difficile.
Globules : est ce que les traitements actuels arrivent à faire
stagner ou reculer linfection à VIH ?
Mme Duclos : les anti-rétroviraux font diminuer la quantité
de charge virale présente dans lorganisme infecté.
On ne guérit pas encore du sida. La recherche existe et continue
son travail.
Globules : existe-t-il des «traitements
pilotes» ?
Mme Duclos : oui, les chercheurs étudient de nouvelles molécules
qui ne sont pas encore sur le marché.
Globules : quels types de traitements existent-il
aujourdhui ?
Mme Duclos : on prescrit des médicaments prophylactiques pour protéger
les patients des maladies opportunistes. Ils prennent aussi des vitamines
en plus de leur trithérapie. Cela fait beaucoup de médicaments
à prendre et tous ces traitements sont à prendre à
vie. Il faut, en plus, une bonne «observance» des traitements,
cest-à-dire que les médicaments doivent être
pris régulièrement, malgré les contraintes. Un oubli
ou un arrêt de la trithérapie peut permettre au virus de
développer des résistances aux médicaments.
Globules : sont-ils administrés à
lhôpital ou à la maison ?
Mme Duclos : les patients ont des consultations médicales tous
les 2 à 3 mois et des prises de sang régulières.
Les ordonnances sont revues régulièrement par le médecin.
Si la plupart des soins sont assurés ici, certains patient sont
suivis par leur médecin généraliste.
Globules : sont-ils efficaces et compatibles avec tous les organismes
?
Mme Duclos : oui, depuis 1995, ils ont montré leur efficacité.
Lévolution que lon vit est formidable. Les inconvénients,
aujourdhui, sont dus aux effets secondaires (troubles digestifs,
perturbations du fonctionnement hépatique ou rénal, allergies
).
Et il y a les patients devenus résistants aux thérapies
Globules : ces traitements sont-ils abordables économiquement par
tous ?
Mme Duclos : cela coûte très cher. Toute personne déclarée
séropositive a droit à lALD (allocation longue durée)
et est donc prise en charge à 100 %.
Globules : y a-il un prise en charge psychologique
automatique pour les patients infectés par le VIH dès quon
découvre la maladie ?
Mme Duclos : oui, si le patient le souhaite. Cela fait partie de la prise
en charge. Mais cela na rien dobligatoire, le patient peut
refuser. Cest ouvert aux familles si celles-ci sont au courant de
la maladie. Ce nest pas à nous, les soignants, de parler.
Nous sommes tenus au secret professionnel. Mais la plupart du temps, le
dépistage se fait à 2.
Globules : il existe des préservatifs féminins et masculins
: sont-ils aussi fiables et utilisés les uns que les autres ?
Dr Françoise Borsa : oui, ils sont fiables sans discussion tous
les 2. Le préservatif féminin est fiable à condition
quil soit mis en place correctement et «à usage unique».
Il est extrêmement coûteux et difficile à mettre pour
quil protège bien les parois vaginales et le périnée.
Il peut être idéal pour certaines femmes notamment dorigine
africaines lorsque les hommes culturellement refusent le préservatif
masculin.
Globules : le personnel soignant qui soccupe des patients VIH a-il
une formation spécifique ?
Mme Duclos : les personnels se forment dabord sur le terrain. Ils
ont aussi la possibilité de suivre des formations et il y a beaucoup
darticles et de livres à lire sur le sujet. Il y a un profil
pour travailler dans ce service, il faut des professionnels qui soient
ouverts et tolérants parce quils vont travailler au contact
de populations homosexuelles, toxicomanes ou étrangères
et touchées par le sida. Au moment de lembauche, on va en
tenir compte et repérer les aptitudes de la personne à travailler
ici.
Globules : on a parlé de prostituées
africaines qui navaient pas attrapé le sida, on entend dire
quelles sont immunisées contre le sida. Est-ce vrai ?
Dr Françoise Borsa : vous parlez dune étude qui a
été réalisée sur des prostituées Kenyanes
mais il ny a pas que les prostituées africaines concernées.
Non, ce nest pas une immunisation au sens propre. Si cela létait,
cela voudrait dire que, comme dans le cas dune vaccination, un organisme
créerait des anticorps efficaces contre linfection, ce qui
nest pas le cas. Cest un problème génétique
: le virus ne se fixe pas sur les cellules, parce quil y a un défaut
de récepteur lié à une différence génétique.
Il est illusoire dimaginer que cette particularité soit rapidement
utilisable comme traitement. Il sagit actuellement dune recherche
génétique pure.
Propos recueillis par Michelle Fleury, Mustapha Barr,
Michelle Petit, Valérie Pecquet et Cindy Bourgois
formation aide-soignant IFSI Rouen -
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2-
«ON RESSENT LA
PEUR QUILS ONT POUR EUX-MEMES
»
Comment
vivre avec le sida ? quelles discriminations, quelle exclusion vit-on
lorsquon a le VIH ? Le regard clair et un peu timide, incisif et
combatif, Manu est séropositif depuis 15 ans. Il nous reçoit
dans les locaux de lassociation Aster où nous sommes accueillis
avec simplicité et chaleur
Nos questions et ses réponses,
pour réfléchir
Merci Manu !
Globules : est-il vrai quon associe souvent le sida à la
sexualité et à la toxicomanie ?
Manu : cest vrai que la maladie du sida est souvent associée
à la sexualité et à la toxicomanie. La première
question quon va te poser cest «où est-ce que
tu as traîné ?» On sent que les gens se posent des
questions sur notre façon de vivre
Dun autre côté,
les gens ne vont pas forcément tous chercher à savoir comment
la maladie du sida sattrape. Pour ma part, jai surtout vécu
lexclusion dans le travail.
Globules : quel est le regard des autres sur
les personnes qui ont le sida ?
Manu : cest difficile à décrire. Cela dépend
peut-être de la manière dont vous avez été
contaminé et des milieux dans lesquels on vit. Pour moi, cela a
été très difficile avec ma famille. À partir
du moment où les gens savent que vous avez le sida, on ressent
les regards de pitié ou dincompréhension. On ressent
également la peur quils ont pour eux-mêmes
Je
trouve quil ny a pas beaucoup de personnes qui posent la question
de la contamination, du comment le sida peut se transmettre.
Globules : une femme qui a le sida est-elle regardée
de la même manière quun homme ?
Manu : les femmes sont regardées de façon tout à
fait différente. Je me base sur le film «Philadelphia»
(qui est un film «référence»), où le
personnage principal qui a le sida est licencié dès quil
va le dire à son patron. Ce personnage est tout de suite jugé
et rejeté comme malade et comme homosexuel, alors quon va
plaindre sa collègue femme qui est également malade. Je
crois que les femmes sont plus dorlotées. On va les plaindre plus
facilement quun homme, on dira que, si elles ont le sida, ce nest
pas de leur faute.
Globules : on pourrait imaginer le contraire
Manu : oui, on va peut-être se méfier dune femme qui
a le sida et imaginer des choses sur sa vie, sur sa sexualité,
alors quon aurait une attitude différente avec les hommes.
Ce qui est sûr cest quil y a des pays et des cultures
où les femmes ont peu de liberté, et où les femmes
malades du sida seront rejetées deux fois plus
Globules : les homosexuels ou les toxicomanes
sont-ils plus rejetés que les autres ?
Manu : lhomosexualité existe, mais on sent que cest
un sujet qui est évité. Je nai pas dexpérience
personnelle, mais je pense que le regard est mauvais à leur égard.
Certaines personnes vont exclure tout ce qui est différent deux
Les homosexuels, comme les drogués ou les étrangers, sont
encore considérés par certains, comme les pourvoyeurs de
la maladie du sida.
Globules : pensez-vous quil y aura des
différences supplémentaires pour une personne qui a le sida
et qui est de couleur ?
Manu : oui. Dans lesprit de beaucoup de personnes, le
fait dêtre «de couleur» peut gêner, pour
la recherche dun travail par exemple. Alors, si en plus, vous avez
le sida, vous serez encore plus rejetés. Vous vous entendrez dire
: «gardez votre virus chez vous». Il y a des personnes à
lesprit étriqué qui disent cela. Pour certains, le
sida vient de lautre côté de la Méditerranée.
Imaginez quelquun qui a la maladie du sida et qui est noir ! Ma
compagne est africaine et il y a eu certaines réactions autour
de moi.
Globules : y a-t-il des différences vis-à-vis
du sida quand il sagit dun enfant ou dun adulte ?
Manu : les réactions seront différentes. Mais
pour un enfant, cest encore plus injuste. Jai la chance davoir
un fils qui a une sérologie négative, après avoir
eu tous les traitements nécessaires. Etre confronté au sida,
cela sera difficile pour lui. Je pense que cest tout à fait
différent pour une personne âgée,
Globules : pensez-vous que les malades soient
mieux acceptés par les jeunes ?
Manu : je ne sais pas, je crois que non. Tous les gens, quils
soient jeunes ou non, ne sont pas prêts à comprendre
Et puis, je trouve lintolérance plus grave aujourdhui
où les traitements et les moyens de se soigner sont là.
Globules : quel problème peut-il y avoir
pour un malade à lécole ou au travail ?
Manu : je ne vois pas ce qui peut empêcher quelquun
de séropositif ou qui a le sida de travailler. Le seul problème
cest la prise des médicaments (il y en a beaucoup à
prendre plusieurs fois par jour) et les passages à lhôpital.
Il faut être bien inséré
Et pour lécole,
il y a toujours moyen de rattraper les cours. Jencourage tout le
monde à travailler et à avoir une activité, cest
clair. Mais de là à monter sur un piédestal et à
parler partout de sa maladie, non. Attention aux représailles dans
le travail parce quon peut être «placardisé».
Globules : comment vit-on avec les personnes
de son village ou de son quartier lorsquon nhabite pas une
grande ville ?
Manu : cest comme pour le travail, parfois il faut se
taire. De toute manière, cest beaucoup plus dur à
vivre dans les petits villages. Je prends lexemple de ma famille
qui ne sest pas toujours comporté de la meilleure des façons,
mais je nai pas envie non plus que ma famille en souffre.
Globules : comment avez-vous abordé les
problèmes liés à votre maladie avec les membres de
votre famille ?
Manu : au début, quand cela vous tombe sur la tête,
la famille doit être là, pas de problème. Jai
appris ma séropositivité à 21 ans, jai crié
«au secours». En plein désespoir, on saccroche
à sa famille. Cest normal, on espère que cela se passera
bien. Votre père et votre mère, même sils ont
quelques fois des attitudes bizarres avec vous, cest votre famille.
Je vis dans un milieu particulier qui demande beaucoup de discrétion.
Globules : avez-vous eu du mal à parler
de votre maladie au quotidien ?
Manu : jaimerais en parler. Mais pas avec des gens qui
sont comme des «portes de prison» ou avec ceux qui sont hypocrites
et qui vont dire derrière mon dos : «il me saoule celui-là
avec ses problèmes de santé». Jai du mal à
en parler et jai du mal à le vivre.
Globules : pouvez-vous pratiquer le sport que
vous souhaitez ?
Manu : non. Personnellement, je ne suis pas très sportif,
mais si jen avais envie, il y a certaines activités qui ne
seraient pas compatibles avec la prise de certains médicaments
et de leurs effets secondaires. Et puis, sinscrire dans des clubs,oblige
à passer des examens médicaux. Mais on peut pratiquer le
sport, regardez Magic Johnson, cela ne la pas empêché
de jouer au basket !
Globules : trouvez-vous que le personnel soignant
soit suffisamment formé et attentionné avec les personnes
qui ont le sida ?
Manu : en ce qui me concerne, je suis suivi à Charles
Nicolle où on est très bien accueilli. Si on a un problème,
un besoin, lorsque cela ne va pas, on est toujours reçu. Evreux
est une petite ville et cela peut poser des problèmes à
certains qui préfèrent se faire soigner ailleurs. Simplement
parce quon peut rencontrer des gens qui vont savoir pourquoi on
est suivi. Mais globalement, cest une question de communication
entre le malade et son médecin. Et puis, on est suivis par des
Assistantes sociales pour les démarches administratives et les
problèmes dallocation. Il y a aussi des psychologues quand
ça ne va pas dans notre tête. Je parle pour moi, je trouve
quon est très bien suivi.
Globules : est-ce que le budget dune personne
atteinte du VIH compte pour être bien soigné ?
Manu : pour la maladie elle-même, il ny a pas de
problème. On est pris en charge à 100%. Par contre, votre
budget personnel va compter. Cela nest pas pareil si vous êtes
salarié avec 7000 ou 8000 F ou si vous êtes un «Rmiste»
qui, une fois son loyer payé, ne pourra pas se payer la nourriture
équilibrée nécessaire. La bonne nourriture, cela
coûte cher et cest très important de bien manger..
Cest le problème de beaucoup qui ne peuvent pas faire face
financièrement du fait de la maladie. Cest pour cette raison
que je conseille à ceux qui le peuvent de travailler
Globules : comment la maladie du sida est-elle
perçue par les religions ?
Manu : cela dépend des pratiques religieuses. Le problème
ce ne sont pas les religions, ce sont les mentalités «arriérées».
Je ne lance la pierre à personne, mais il y a des manières
très dures de parler des femmes, des homosexuels ou des toxicomanes.
Alors si, en plus, vous avez le sida, cest la honte pour votre famille.
Pour moi, ça, cest lhorreur.
Propos recueillis par Georgina Gomis et Marie Mendy.
Association jeunes Cité Evreux animatrice Véronique
Lelièvre-
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ECRITS
:
Les
hommes ont la priorité
Lhomme a plus de chance dès la naissance.
Un garçon qui naît cest la joie.
La mère aime sa fille, mais elle préfère un garçon
parce quelle sait ce qui sest passé pour elle.
Elle sait que pour sa fille, il y aura des obstacles partout.
Les hommes ont la priorité
On voit un homme dehors.
Personne ne se demande ce quil fait dehors
Aussitôt quon voit une femme maghrébine dehors
et en plus, toute seule
Les Hommes se racontent ça entreux :
- je lai vue
- je lai vue
- je lai vue
Mebarka, Education et Formation, Petit Quevilly
Limage
Limage, a priori, du masculin et du féminin
Masculin est homme, fort, courageux,
téméraire parfois, fantasque souvent,
et pas toujours fidèle dans ses amours
Mais le plus souvent il est sincère.
Féminin est femme, charme, grâce,
tendresse, intelligence et douceur.
Féminin est jeune fille amoureuse
et mère aussi, bien sur, et tout ça ensemble.
Chacun a en lui un peu de lautre
mais sans jamais parvenir à lexemplarité.
Michel, Re-création, Sotteville
Les Rouen
En Vain
Homme, lamour de ta mère tétouffe et te condamne
à errer, peureux,
de peur davoir à revivre encore une fois cela.
Femme, labsence de ton père te laisse au cur, au corps,
une plaie béante qui jamais ne semble comblée. En vain vous
vous cherchez, ne parvenant quà vous effrayer.
Eric et Valérie, Le Plaît-dire décrire
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ASSOCIATIONS
:
>Les
femmes, plus vulnérables que les hommes face au Sida !
Depuis quelque années,
on observe une augmentation des cas de Sida chez les femmes hétérosexuelles.
Cette triste différence sexplique par une plus grande fragilité
de lorganisme féminin face au virus (plus de perméabilité
et une concentration du VIH plus élevée dans le sperme).
Malheureusement, des facteurs dordre culturels, sociaux et économiques
sajoutent à cette différence biologique : difficulté
pour parler de sa sexualité, la violence dans le couple et la difficulté
à imposer le préservatif à son partenaire sexuel.
Ce dernier aspect se voit renforcé par la faible utilisation du
préservatif féminin.
Plus de renseignements sur : www.sosfemmes.com
La prévention adaptée aux sourds et malentendants.
En 1989, le comité AIDES Paris Ile de France a créé
le « 1er groupe sourds » pour informer les populations malentendante
(ainsi que les personnes de langues étrangères) sur le sida,
sa transmission, et comment se protéger
La brochure «
le VIH/Sida en images » a donc été conçue dans
ce but.
www.aides.org (rubrique VIH-infos,
puis B-a.ba)
« Les jeunes contre le Sida »
est un concours ouvert à tous les jeunes dorigine africaine
(moins de 25 ans le 9 décembre prochain) en France et dans plusieurs
pays dAfrique. Participez à la sensibilisation sur le VIH/Sida
en présentant un scénario de 5 mn maximum. Les meilleures
idées seront adaptées par des professionnels et les films
seront réalisés par des cinéastes africains. Le règlement
de ce concours est disponible sur www.lecrips.net/reseau/concours2002-2003/afrique.
Date limite : 9 décembre 2002. Contact : afrique@lecrips.net
Les différents sites Internet des associations de lutte contre
le sida sont répertoriés sur www.lecrips.net
Informations sur la contraception, lInterruption Volontaire de Grossesse
et sur la sexualité au 0820 331 334. Numéro indigo du lundi
au vendredi de 13h à 20h.
14 février 2003 à 20h30, Nuit de lhumour,
Solidarité Sida au Zénith de Rouen. Renseignements au 08
91 67 10 17 ou www.zenith-de-rouen.com
Les
associations de lutte contre le sida en Haute Normandie :
8AIDES : 32 rue aux Ours, 76000 Rouen. Tel : 02 35 07 56 56. Horaires
daccueil le mardi de 17h30 à 20h et le jeudi de 14h30 à
17h
8AIDES : 25 cours de la république, 76600 Le Havre.
Tel : 02 35 24 22 03
8ASTER : 42 avenue Aristide Briand, 27000 Evreux. Tel : 02 32 33 60 81
8ALINEA au 97 rue Jules Siegfried, 76600 Le Havre.
Tel : 02 35 19 32 43. Les permanences ont lieu du lundi au vendredi de
13h à 18h et le jeudi jusquà 19h
Les Hépatites
Lhépatite est une inflammation du foie. Elle est aiguë
lors de linvasion du foie par le virus, elle devient chronique quand
le foie est attaqué depuis plus de 6 mois par ce dernier. Plusieurs
virus peuvent engendrer des hépatites, à ce jour 8 sont
connus. Les plus répandues en France sont les virus A, B, etC.
Les modes de contamination et de transmission sont différents selon
les hépatites, certaines se transmettent par le sang, lors de rapports
sexuels, dautres par leau ou par des aliments souillés
Le
virus de lhépatite B est très contagieux, il se transmet
par le sang et par voie sexuelle : le préservatif permet donc de
se protéger.
Lhépatite C concerne environ 600 000 personnes en France.
Malheureusement, nombreuses sont celles qui lignorent. Les hépatites
peuvent rester longtemps silencieuses et évoluer vers des maladies
graves, cest pourquoi il est important de se faire dépister
: pour recevoir un traitement adapté au virus et pour éviter
de le transmettre.
Plus dinfo : Site de SOS Hépatites Fédération
Nationale : www.soshepatites.org
Sos Hépatites Normandie : 02 35 61 21 10 / Relais de Caen
: 02 31 20 32 56
Hépatites Info Service : 0800 845 800
Des fiches « être hépatant » sont disponibles
à la Fédération Nationale au 03 25 06 12 12 et à
lAntenne Régionale Normande.
Interventions dans les établissements scolaires de Rouen et des
environ pour informer les 16/25 ans.
Les 5 et 6 décembre 2002, 5ème forum National SOS Hépatites
à AngersOù se renseigner, consulter et se faire dépister
8Evreux
Centre Hospitalier, 17 rue Saint Louis, tel : 02 32 33 80 51 - mercredi
de 14h à 17h30 et vendredi de 12h à 15h30
8Vernon
Centre Hospitalier, 5 rue du Docteur Brunet, tel : 02 32 71 69 52 - mardi
et jeudi de 8h30 à 12h00
8Dieppe
Consultation de Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG), 37 rue Jean
Ribault , tel : 02 35 82 20 81 jeudi de 17h à 18h30
8Elbeuf
CDAG, 6 rue des Arches, tel : 02 35 77 00 85 lundi de 9h30 à
11h30
8Fécamp
CDAG, 5 rue Henri Dunant, tel : 02 35 28 17 57 lundi midi et jeudi
de 17h30 à 19h
8Rouen
Service des maladies infectieuses de lHôpital Charles Nicolle,
1 rue de Germont, Cours Leschevin, Porte 24, tel : 02 32 88 80 40
ouvert tous les jours à différents horaires.
CDAG, 23 rue de Crosne, tel : 02 35 07 33 33 mardi de 11h à
13h et de 17h à 19h, jeudi de 10h30 à 12h et vendredi de
10h à 12h et de 14h à 16h
8Le Havre
Consultation MST/Sida/Hépatites au Centre Hospitalier, 55 bis rue
Gustave Flaubert, tel : 02 32 73 38 20.
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ACTUAS :
Société
de consommation
Le problème du surendettement, qui date de la fin des années
70, touche surtout un milieu modeste et urbain. Entre 90 et 99, près
de 700 000 dossiers furent examiner par les commissions départementales.
Pour obtenir le prêt le mieux adapté à sa situation
et le moins risqué, une association composée de professionnels
de la finance propose des conseils et des informations sur le site www.lecredit.com.
La fièvre des achats
Lachat compulsif est un trouble qui consiste à consommer
dans les magasins de façon déraisonnable en période
de déprime. Ce trouble psychologique touche surtout des femmes
dun bon niveau de vie, âgées de 30 à 40 ans,
mais cette fièvre acheteuse apparaît souvent dès ladolescence.
Cest ce dont traite le livre de Jean Adès et Michel Lejoyeux,
La fièvre des achats, dans la collection Les empêcheurs de
tourner en rond.
Suivez la cote du BIP40, elle est plus enrichissante !
Le CAC 40 est lindice qui suit le cours des actions des quarante
plus grandes entreprises cotées à la bourse de Paris.
Le BIP 40 suit pour sa part, lévolution des conditions de
vie des êtres humains. Il a été créé
en 1999 par le Réseau dAlertes sur les Inégalités
(RAI) qui regroupe des associations comme Droit Au Logement (DAL) ou Agir
contre le Chômage (AC !). Le Baromètre des Inégalités
et de la Pauvreté prend en compte différents critères
tels que le travail, le revenu, le logement, léducation ou
encore la santé.
Comment consommez-vous ?
Nathalie Jacob, membre de lOrdre des travailleurs sociaux du Québec,
propose un questionnaire bien conçu sur vos modes de consommation.
Par exemple, « Entrer dans un centre commercial, cest
:
a-perdre son temps ; b-joindre lutile à lagréable
; c-oublier le stress et les soucis». Alors ?
www3.sympatico.ca/njacob/achats_compulsifs.htm
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