>Ecrits n°35

 

Au début, 
les SDF avaient 
peur des toubibs...

Daniel travaille à l'Autobus depuis 7 ans.
Il prépare tout ce qui va servir pour la "tournée" : les malettes des docteurs, la soupe, les thermos de café, 
les sandwichs.
Il rencontre les gens de la rue, leur parle, les laisse se confier à lui, leur demande si ils n'ont pas besoin d'un docteur,...
Avant, j'étais au chômage, ancien chauffeur poids lourd, je ne trouvais plus de boulot, jusqu'au jour où j'ai passé le 
permis de transport en commun.
Et un beau jour, l'Autobus a cherché un chauffeur : j'ai dit oui.
La 1ère fois, je m'en souviens : c'était un gros car, on ne pouvait pas passer dans les rues alors les bénévoles 
ramenaient les SDF, les clochards et les punks dans le car.
Ils sont tous montés dans le car et on leur a distribué le café.
Sinon, la vie au quotidien ...
Avant il n'y avait pas de toubibs, il n'y avait qu'une infirmière et elle forçait un peu pour soigner alors les autres ça leur 
faisait peur!
Et un soir, on m'a dit qu'il allait y avoir des docs avec nous! Je me suis dit : "ça va être gai" Le premier jour, 
le doc a ramené un poulet et on l'a partagé.
"c'est-y vraiment un doc?, "j'ai même regardé dans l'annuaire pour voir si c'en était un!"
Au début, les SDF avaient peur des toubibs, ils ne demandaient rien, ils ne voulaient rien, mais la 2ème année, 
ils étaient plus en confiance et ils demandaient : "ils viennent quand les docs? Maintenant, je fais le lien entre les SDF 
et les toubibs"
Les gens qui viennent dans le bus, c'est toujours les mêmes (SDF, punks, cloclos) mais ils sont de plus en plus jeunes 
et y a aussi des femmes.
L'Autobus m'a permis de voir qu'il y a plus malheureux que moi. Même si on se confie, on rigole, je ne pourrais jamais 
les connaître à fond; les gens de la rue, ils ne disent pas tout ce qu'ils pensent. 
Dès fois, on en voit qui disent que l'année prochaine, on les reverra plus, et puis l'année d'après on les revoit alors 
je fais celui qui ne se rappelle plus, pour ne pas les vexer.
Je fais mon travail de bon cœur! Quand on a été au chômage pendant longtemps, et qu'une personne vient vous aider 
en vous proposant un travail, ça ne s'oublie pas.

 
 
DIRE, ECRIRE, S'INSCRIRE...
ETRE CORPS EN SANTE

Ecrire un hymne au corps, pour le beau, l'équilibre
de ses formes, fonctions d'harmonie, de vigueur,
pour son pouvoir d'agir... et, vivre en homme libre,
à l'aise dans ses pompes, et du côté du cœur ! 

Dire les liens de l'âme, dans la reconnaissance
des droits, aux soins du corps, de chacun et d'autrui
pour se mettre en accords les sens, (et sans souffrances),
dans l'entretien, en plein, de ce duo d'amis !

S'inscrire en bel esprit dans des remue-méninges
de justice sociales, luttes contre exclusions,
par la santé, pour tous; et malin comme un singe,
le trio, corps-esprit-âme, est prêt pour l'action !

Etre corps en santé, et réclamer justice !
comme les grains semés : pour tous, le besoin d'eau,
pour certains de l'engrais, pour d'autres des épices,
et pour chacun des soins de pleins soleils-cadeaux...

Monique, atelier Re-création, Sotteville-lès-Rouen.


 
 
 
Fragment d'autobiographie

Une partie de ma vie s'est déroulée dans le cadre d'agent hospitalier.
Je m'occupais d'infirmes moteurs. Je leur faisais tout : à manger, la toilette, la salle, etc. 
Chaque matin je sentais qu'ils m'attendaient comme je les attendais. La seule égalité entre nous -profonde- était la vie 
et les origines sociales. Ils dépendaient de nous et, parfois, il y avait des incidents. 
Le milieu hospitalier est rude surtout en province et le droit à la vie (l'euthanasie) est un " fait " de l'homme.
Mais il y a beaucoup à faire dans ce milieu d'humains et de bonté. Alors ne désespérons pas !

Fanny, St Gervais.