>Dossier n°33
 

>SE DOPER,

C'EST TRICHER

 

Quand une équipe de jeunes de l'association Trait dUnion 
du Havre rencontre Abdelkader Cheikhemani, champion du 1500M...
 
Abdelkader nous reçoit avec chaleur, nous nous quittons même avec une invitation 
à participer à une manifestation d'athlétisme. Il travaille en effet à la Ligue de 
Haute-Normandie où l'on forme les animateurs et les responsables 
qui interviennent dans l'athlétisme sur le plan régional.
 

Globules : à quel âge avez-vous commencé le sport et pourquoi ?
 
Globules : que pensez-vous du dopage ?
 
Globules : vous êtes-vous déjà dopé ?
 
Globules : combien d'heures d'entraînement faîtes-vous par jour ?
 
Globules : êtes-vous content d'aller aux JO de Sydney ?
 
Globules : avez-vous gangé des médailles ?
 
Globules : quel est votre rythme de vie et que mangez-vous ?
 
Globules : est-il important d'avoir de bonnes chaussures pour courir ?
 
Globules : viendrez-vous nous voir à Trait d'Union au Havre ?
 
Globules : est-ce pour l'argent que les sportifs se dopent ?
 
Globules : aimeriez-vous devenir entraîneur   ?
 
Globules : aimez-vous répondre aux questions et rencontrer des jeunes ?
 
Globules : connaissez-vous des sportifs qui se dopent ?
 
Globules : cela vous est-il arrivé de prendre quelque chose sans le savoir ?
 
Globules : pourquoi ne fait-on pas une prise de sang à chaque fois ?
 
Globules : est-ce possible qu'un sportif prenne quelquechose à son insu ?
 
 
 
Globules : à quel âge avez-vous commencé le sport et pourquoi ?
Abdelkader Cheikhemani : j'ai commencé le sport à l'âge de 7 ou 8 ans, je faisais du foot, 
du judo et du tennis. A 12/13 ans j'ai fait de la course à pied. Je fais du sport par plaisir. 
J'ai eu des résultats. J'ai allié performance et plaisir
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Globules : que pensez-vous du dopage ?
Abdelkader Cheikhemani : se doper c'est tricher. Quand on prend à un moment 
ou à un autre des substances interdites et qu'on se regarde dans une glace et qu'on se dit que 
les performances qu'on a c'est pas nousŠ Et puis, ce n'est pas naturel et c'est dangereux pour la santé. 
Moi, j'assimile ça à la drogue. Avec la drogue, on peut mourirŠc'est dangereux, prendre un risque pour ma santé. 
Et à 50 ans, je dirai à mes enfants que j'ai eu ce résultat parce que je me suis dopé 
c'est lourd à porter et ça reste tout le temps. Mais attention il y a des athlètes qui ont des incidents après coup, 
et on se demande pourquoi. Il y a aussi les changements morphologiques, ce n'est pas normal : 
il vaut mieux vivre 50 ans et en bonne santéŠ Je suis, en temps, près des 3 meilleurs du monde 
et je préfère être à 3'33"10 toute ma vie. On pourra me poser la question : je suis serein.
Ca doit être lourd à porter, même si on se voile la face, au plus profond de soi-même, on peut pas se mentir
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Globules : vous êtes-vous déjà dopé ?
Abdelkader Cheikhemani : jamais. J'ai fait les JO, j'ai été vice champion d'Europe. 
Il y a des athlètes qui font de plus grandes performances que moi sans se doper, donc, c'est possible. 
Alors, entre être comme ça et se doper avec des risques pour sa santé, y'a pas photo
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Globules : combien d'heures d'entraînement faîtes-vous par jour ?
Abdelkader Cheikhemani : pour arriver à ce niveau-là, faut pas rêver, il faut se donner. 
Il y a des contraintes : je m'entraîne 11 à 12 fois par semaine : 1h30 le matin et 2h le soir. 
Il faut travailler dur, pour le foot comme pour l'athlétisme. Il y a d'abord le travail et la volonté. 
Après seulement, on arrive à un niveau intéressant et on peut s'exprimer.
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Globules : êtes-vous content d'aller aux JO de Sydney ?
Abdelkader Cheikhemani : oui, je suis très heureux d'aller aux JO, et j'en ai rêvé . 
Comme vous sûrement, j'ai rêvé en voyant les champions. Pour atteindre cet objectif-là, il faut rêver. 
Sans rêve, on ne peut pas y arriver !
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Globules : avez-vous gangé des médailles ?
Abdelkader Cheikhemani : quelques unes. Ma plus grande satisfaction, la plus importante a été celle 
que j'ai eu quand j'ai été champion de France junior. C'est cette médaille-là qui m'a apporté un déclic. 
Elle a eu beaucoup d'importance sentimentale pour moi. Ca a été comme un boulversement mental : 
j'ai compris que le sport était dans les jambes mais aussi dans la tête.
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Globules : quel est votre rythme de vie et que mangez-vous ?
Abdelkader Cheikhemani : le rythme va dépendre de la saison sportive.  
En période de compétition, de mai à septembre, je ne sors pas, je m'entraîne beaucoup et je mange équilibré. 
Je mange de tout mais pas de frites tous les jours  et j'alterne viande blanche et rouge légumes verts et féculents.
Après, quand la saison sportive est finie, je sors et je m'amuse : le sport n'est pas que du sacrifice !
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Globules : est-il important d'avoir de bonnes chaussures pour courir ?
Abdelkader Cheikhemani : bien sûr mais ce ne sont pas les chaussures qui vont courir à ta place ! 
J'ai vu des Kenyans, sans chaussure, gagner. Il ne faut pas donner trop d'importance au matériel. 
Tu gagnes pas parce que t'as des chaussures de marque aux pieds ! 
Si t'as pas de volonté, tes chaussures te serviront à rien.
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Globules : viendrez-vous nous voir à Trait d'Union au Havre ?
Abdelkader Cheikhemani : Šj'attends l'invitation et je vous invite à venir à une rencontre d'athlétisme régionale.
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Globules : est-ce pour l'argent que les sportifs se dopent ?
Abdelkader Cheikhemani : 
pour certains, y a l'argent mais il y a aussi ceux qui le font parce qu' ils peuvent en 2 ou 3 ans 
avoir suffisamment d'argent pour faire vivre leur famille pour le restant de leur vie et la motivation est là : 
c'est le sport ou rien. Pour eux, ça permet de sortir de la misère, même s'ils prennent des risques pour leur santé personnelle. 
Ici c'est différent. Il y a aussi beaucoup de Marocains ou Kenyans qui gagnent sans se doper : 
ils sont indestructibles.Pourquoi ? Ce qui les rend comme ça c'est leur moral :il faut avoir un moral d'acier 
Ceux qui réussissent ont un peu plus faim que les autres.
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Globules : aimeriez-vous devenir entraîneur   ?
Abdelkader Cheikhemani :  oui plus tard quand j'aurai plus de temps et que je pourrai m'intéresser à l'entraînement. 
Ce serait sûrement avec des jeunes car les jeunes, c'est l'avenir. 
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Globules : aimez-vous répondre aux questions et rencontrer des jeunes ?
Abdelkader Cheikhemani : maintenant oui. 
Et si je peux retourner ce que me donne l'athlétisme à des jeunes, ça me tient à c¦urŠ
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Globules : connaissez-vous des sportifs qui se dopent ?
Abdelkader Cheikhemani : non, franchement. Mais, moi, je cherche pas à savoir qui se dope ou non. 
Je ne fais pas de sous-entendu, je ne suis pas d'accord avec cette attitude : 
vous risquez de soupçonner quelqu'un sans être sûrŠ imaginez si c'est faux ? 
Il ne faut pas accuser les autres injustement. C'est dommage pour le sport. Comment savoir vraiment ? 
on ne sait pas ce qui est vrai. Quelqu'un qui se dope se ment à lui-même donc ça ne lui posera pas de problème 
pour mentir aux autres  et il ne le dira pas. Je préfère ne pas penser à tout ce qui pourrait me démotiver.
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Globules : cela vous est-il arrivé de prendre quelque chose sans le savoir ?
Abdelkader Cheikhemani : je prends rien. Si je suis malade, si j'ai une carence, 
je me soigne et c'est toujours un médecin qui prescrit. Certains considèrent cela comme du dopage.
Tout ce qui est interdit n'est pas du dopage : certains médicaments sont interdits, 
certains sont d'abord faits pour soigner des malades cardiaques ou diabétiquesŠ
Je peux comprendre quelqu'un qui se dope mais ce n'est pas pour autant que je cautionne. 
Si on se situe hors des frontières, on peut se dire qu'on se sacrifie pour faire vivre une famille
Si tu fais une performance, c'est toi qui l'as fait; on se rend pas assez compte, 
c'est mortel, on vous fait miroiter l'argent, le palaceŠ
Mais je pense qu'il ne faut pas laisser les athlètes dans la nature et avoir des médecins 
ou des psychologues conventionnés qui soient présents pour canaliser le "négatif"
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Globules : pourquoi ne fait-on pas une prise de sang à chaque fois ?
Abdelkader Cheikhemani : moi, je serai plutôt pour. Faudrait que ce soit la Fédération Internationale 
et le Comité Olympique. A la FFA, ce sont les athlètes les plus surveillés.
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Globules : est-ce possible qu'un sportif prenne quelquechose à son insu ?
Abdelkader Cheikhemani : cela a dû arriver, dans les pays de l'est, 
les athlètes prenaient des cachets sans savoir ce que c'était.
Même pour des raisons d'hygiène, un athlète ne doit pas prendre la bouteille 
d'un autre pour ne pas attrapper de maladie, la règle est de minimiser les risques. 
Moi, j'ai une bouteille à moi.
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