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Mis
en place depuis 1997, le tri des déchets sest ensuite
généralisé en 2005 sur lensemble de lagglomération
de Rouen. Après quelques années de test et dexpérimentation,
de communication et dexplication, le « tri »
entre dans sa phase dexploitation. Nous rencontrons un homme
communicatif et plein didées
François
Pennellier est directeur du site dAmfreville la Mivoie, (près
de Rouen) du SMEDAR, qui traite et recycle nos déchets ménagers.
Visite guidée et instructive dune activité davenir
Globules :
que signifie SMEDAR ? Depuis quand existe-t-il et
en quoi consiste son activité ?
François Pennellier : la fonction du SMEDAR - Syndicat Mixte
pour lÉlimination des Déchets de lagglomération
Rouennaise - est de traiter les déchets. Le SMEDAR existe
depuis le mois de janvier 2000.
Globules : pourquoi le SMEDAR a-il été
créé ?
François Pennellier : le SMEDAR est un des plus gros
syndicats de province qui traite les déchets de 600
000 habitants. Cest un syndicat de traitement. Pour des raisons
juridiques, il fallait une structure compatible avec son activité.
Lagglomération rouennaise collecte et le SMEDAR soccupe
du traitement.
Globules : quels produits sont acceptés au SMEDAR ?
François Pennellier : le SMEDAR traite essentiellement
les déchets recyclables :les déchets ménagers,
les papiers, les emballages cartons, plastiques, acier, alu
Globules : et le reste ?
François Pennellier : le fer va au ferrailleur, les gravats
servent à combler les carrières. Pour ce qui est des
déchets verts, de lincinération, des déchets
spéciaux comme les produits et les bidons de diluants,
les peintures, les engrais les insecticides, les piles, lacide
Ces produits se recyclent ailleurs sur des sites spécifiques.
Globules : qui peut apporter les déchets ?
Comment cela se passe ?
François Pennellier : 11 syndicats avec lesquels on passe
des conventions font traiter leurs déchets par le SMEDAR,
dont « lAgglo de Rouen ». Celle-ci
est composée de 37 communes et représente 70% des
apports. Pour des histoires de coût, nos clients ne sont que
des syndicats ou des regroupements de communes.
Globules : le tri : à
quoi ça sert ?
François Pennellier : cela sert de plus en plus. On récupère
le papier, le plastique pour refaire du papier et du plastique.
Les coûts du pétrole augmentent
Le plastique
vient de lindustrie pétrochimique et on le considérait
comme inépuisable autrefois, mais aujourdhui ce nest
plus vrai. Aujourdhui, il faut économiser le pétrole.
Globules : faîtes-vous du recyclage des déchets
triés ?
François Pennellier : oui. Cest une logique qui est
partout. VESTA qui est le lieu dincinération, produit
de lélectricité. Les 28 mégawatts produits
correspondent à peu de chose près aux besoins en électricité
de la ville de Rouen.
Globules : y a-t-il des modalités pour faire le tri ?
Si oui, quelles sont-elles ?
François Pennellier : chaque produit a une valeur de rachat.
Il y a 2 sources financières : la vente du produit,
qui est une vraie recette. On revend le papier et le plastique.
Le métal et laluminium sont récupérés
sur des tapis magnétiques après incinération
à 600° et ensuite vendus. Et puis, nous recevons les
subventions d « Éco-emballage ».
Toute entreprise industrielle qui produit des déchets paye
une taxe. Cette subvention est là pour garantir un prix non
fluctuant (indexé sur le prix mondial).
Globules : combien de personnes travaillent ici et quel diplôme
faut-il pour travailler au centre de tri ?
François Pennellier : il y a 63 personnes qui travaillent
sur ce site 5 jours sur 7. Le diplôme dépend du poste
occupé. Nous dépendons de ladministration territoriale
et les postes sont sur concours. Le travail est « sur poste
» du matin et du soir et le travail des agents est un travail
manuel réservé aux personnes nayant pas de diplôme.
La formation se fait sur place. Cest un métier qui
ne demande pas de qualification, on embauche ceux qui nont
pas de CAP. Cest un métier difficile, mais qui nest
pas trop mal payé . On doit connaître toute la vie
du produit pour pouvoir améliorer le travail. Nos gestes
sont « ciblés » et le personnel est
formé. Les « rippers » (les personnes
qui sont derrière les bennes) sont formés à
reconnaître les ordures, selon 3 critères dacceptation :
les ordures ne doivent être ni souillées ni mouillées
et ne doivent pas être compactées à plus de
35%. En cas de suspicion, certains conteneurs peuvent êtres
renvoyés sur un autre site. Pour le papier, la Chapelle dArblay,
a des critères dacceptation « drastiques »
(strictes) pour garantir une certaine blancheur.
Globules : le tri : comment cela
se passe concrètement ? Se fait-il de la même
façon sur toutes les communes, dans tous les quartiers des
communes et les habitants le pratiquent-ils tous également
?
François Pennellier : toutes les communes trient. Le pré
tri est fait par les habitants. Bien sûr, il y a quelques
récalcitrants
En centre-ville, par exemple, certaines
rues ne sont pas accessibles aux bennes de tri, mais il existe des
colonnes de tri pour lapport volontaire à certains
points de la ville. Avant, on navait pas de recul et on ne
pouvait répondre à cette question. On veut garantir
la qualité des produits. Aujourdhui, plus le message
est simple et plus cela marche. On travaille sur un mode dexploitation
et de rendement. On compte sur le civisme des habitants
Le
plus important est de ne pas « souiller »
ce qui est à trier. Si on mélange certains produits
comme lhuile ou les aliments avec les poubelles de carton
et de papiers et autres cela souille lensemble. Cest
en communiquant et en étant omniprésent dans des spots,
des affichages, des visites ou des articles comme celui-ci
Nous sommes transparents et ouverts. La plupart des personnes sortent
de ces visites convaincues.
Globules : qui subventionne le
SMEDAR ?
François Pennellier : le SMEDAR fonctionne grâce au
Département, à lADEME et aux subventions reçues
de « ÉCOEMBALLAGE ».
Globules : pouvez-vous nous parler
de « léco-emballage » ?
François Pennellier : il sagit dun organisme
qui collecte et gère les sommes payées par les fabricants
demballages (0,015 centimes dEuros la bouteille produite).
Ces fonds permettent de subventionner la communication, la mise
en place des collectes, du traitement des déchets recyclables
et davoir un « prix maintenu » (constant).
Globules : y a t-il des risques daccident ?
François Pennellier : le souci que nous rencontrons le plus
concerne les seringues, car cela peut avoir des conséquences
sur la santé de nos agents. Les aiguilles percent les plastiques
des poubelles, et on a peur des seringues contaminées par
des toxicomanes. Au début, on était inquiet à
cause du SIDA, mais cest un virus qui ne résiste pas
plus de quelques heures et les collectes mettent du temps avant
darriver ici au tri. Le plus dangereux, cest lhépatite.
Dans ce cas, on arrête la chaîne pour rechercher la
personne. La sécurité est omniprésente chez
nous : casque obligatoire et port de «gants sécurité »
Globules : les écoles et les
bureaux font-ils le tri de leurs papiers ?
François Pennellier : cela se répand de plus en plus.
Nous avons commencé le tri avec les ménages, selon
un processus rigoureux. Cest très important de recycler
les papiers des bureaux et des écoles. Cest une 2°
phase que certaines communes ont commencé avec la Zone dActivité
de Mt St Aignan et de la Brétèque à Bois-Guillaume.
Cest lagglo qui décide de cela.. Le SMEDAR soccupe
des campagnes de communication et dinformation.
Globules : si le tri est rentable, pourrait-on le généraliser
partout ?
François Pennellier : à condition que les transports
ne soient pas trop importants. Ce qui « plombe »
le système, ce sont les transports. Et qui dit transport
dit pollution. Le surcoût généré par
le tri ne doit pas être supérieur à celui de
lincinération. Le coût dexploitation sur
la tonne triée des ordures ménagères doit être
le plus minime possible et cela est presque le cas.
Propos recueillis par Antoine Alexandre, Bertrand Caron, Loïc
Colas, Romain Croisé, Benjamin Egret, Jordan Félicité,
Grégory Hague, Arnaud Lefebvre, Michaël Prévost,
Yohann Sonnier et Nicolas Vivier - Centre de formation et de promotion
des maisons familiales rurales -
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